Quelques secondes d’euphorie peuvent avoir des conséquences graves et parfois durables. Face à la progression des usages détournés du protoxyde d’azote, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes, la CPTS Berry Vierzon Sologne renforce ses actions de prévention avec un nouveau support d’information et un outil immersif de sensibilisation.
Un gaz souvent perçu, à tort, comme sans danger
Couramment appelé « gaz hilarant » ou « proto », le protoxyde d’azote peut provoquer des effets presque immédiats : euphorie, désinhibition, sensation de flottement, modification des perceptions, vertiges ou perte de coordination.
Dès la première consommation, des effets indésirables peuvent survenir : maux de tête, nausées, confusion, somnolence, troubles de l’équilibre, perte de connaissance, chute, brûlure liée au froid ou manque d’oxygène.
Lorsqu’elle est répétée ou réalisée à fortes doses, la consommation peut entraîner des complications neurologiques sévères. Le protoxyde d’azote inactive la vitamine B12, indispensable au bon fonctionnement du système nerveux. Des fourmillements, une perte de sensibilité, une faiblesse musculaire, des difficultés à marcher ou, dans les cas les plus graves, une paralysie peuvent apparaître. Des complications cardiovasculaires, psychiatriques et des situations de dépendance sont également signalées.
En avril 2025, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé alertait sur une hausse continue des déclarations d’intoxication et rappelait que certaines complications pouvaient être sévères, voire irréversibles.
45 secondes pour mieux comprendre les altérations ressenties
Pour compléter l’information écrite, la CPTS Berry Vierzon Sologne s’est dotée d’un outil immersif de prévention.
Pendant une expérience de seulement 45 secondes, l’utilisateur est confronté à plusieurs perturbations simultanées :
- des altérations visuelles ;
- des perturbations auditives ;
- une perte de repères ;
- une forte instabilité posturale.
La combinaison de ces effets permet de rendre concrètes certaines difficultés susceptibles d’être provoquées par une altération des perceptions : se déplacer, conserver son équilibre, comprendre son environnement ou réagir correctement deviennent beaucoup plus difficiles.
Cet outil ne reproduit pas médicalement une intoxication au protoxyde d’azote. Il constitue une mise en situation pédagogique destinée à susciter une prise de conscience, à faciliter les échanges et à rappeler qu’une perception modifiée peut exposer à un danger immédiat.
Protoxyde d’azote et conduite : un risque majeur
Le protoxyde d’azote modifie les sensations, perturbe la coordination et diminue les réflexes. Après une consommation, conduire une voiture, un deux-roues ou une trottinette expose le conducteur, ses passagers et les autres usagers à un risque d’accident grave.
Une trajectoire devient plus difficile à maintenir, le dosage du freinage peut être altéré et certains éléments situés en périphérie du champ visuel peuvent ne plus être correctement pris en compte. Même une altération très brève suffit à parcourir plusieurs dizaines de mètres sans réaction adaptée.
Un nouveau document pour informer et orienter
En parallèle de cet outil, les professionnels de santé de la CPTS ont conçu un document qui présente :
- les effets recherchés et les effets indésirables ;
- les risques présents à chaque consommation ;
- les complications neurologiques et cardiovasculaires ;
- les dangers liés à la conduite ;
- les symptômes qui doivent conduire à consulter rapidement ;
- les ressources permettant d’obtenir de l’aide.
[Bouton : Télécharger le document de prévention]
Quand faut-il consulter ?
Après une consommation, il est nécessaire de solliciter rapidement un professionnel de santé en cas de fourmillements persistants, de perte de sensibilité, de faiblesse musculaire, de difficultés à tenir debout ou à marcher, de décharges électriques ou de troubles urinaires.
En présence d’un malaise, de difficultés respiratoires ou de troubles de la conscience, il faut contacter immédiatement les secours : 15, 18 ou 112.
Pour obtenir des informations, être conseillé ou trouver un accompagnement, Drogues info service est joignable au 0 800 23 13 13, 7 jours sur 7, de 8 h à 2 h. L’appel est anonyme et gratuit.
Source médicale : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, « Le “proto”, des cas d’intoxication toujours en augmentation », publiée le 16 avril 2025 et mise à jour le 18 avril 2025. Consulter la publication de l’ANSM.
